LA DÉCOUVERTE DU CAFÉ

Il est désormais reconnu par tous les historiens que les origines de l'usage du café descendent de certaines tribus éthiopiennes qui mangeait une sorte de bonbon issu de fèves de café mélangé avec de la graisse animale et l'utilisaient comme remontant lors d’expéditions de chasse.

Au XVe siècle, les Arabes commencèrent les grandes plantations au Yémen pour produire deux boissons: le Kisher, une sorte de thé à base de peaux de cerise, et le Bounja qui est devenu ensuite populaire sous le nom de « Qhawah », à savoir que le café.

Al Mokha fut le principal port du Yémen pour la commercialisation du café. Du XVe au XVIIe siècle, depuis Al Mokha on acheminait du café de grande qualité, la qualité Moca, qui permit à la ville sous la domination turque, d’être une ville importante et puissante car depuis son port on acheminait les précieuses fèves destinées à toute l'Europe.

Le déclin économique de Al Mokha commença lorsque deux autres ports Aden et de al-Hudauda s’affirmèrent, et quand les pays européens commencèrent eux aussi à cultiver le café au sein des colonies du nouveau continent. Aujourd'hui, la principale ressource de la ville d'Al Mokha est la pêche. Le nom de la cafetière Moka dAlfonso Bialetti, inventée et brevetée en 1933 trouve donc son origine en l'honneur d'Al Mokha, le lieu où la distribution du café a commencé.


Les légendes sur le café 

Ci-dessous vous trouverez quelques légendes et traditions, parmi les plus représentatives, qui décriront comment la boisson à base de café à vue le jour grâce à des idées extraordinaires.

  • LE DON D'ALLAH À MUHAMMAD

    Un jour, Allah vit que son Prophète, Muhammad, s’endormait d'épuisement alors qu’il devait affronter une bataille imminente. Pour le réveiller Allah décida d'envoyer par l’intermédiaire de l'Archange Gabriel un cadeau spécial, une boisson sombre comme la pierre noire sacrée de La Mecque, brûlant comme le rocher de l'Arabie sous le soleil de midi, sèche comme le vent du désert, amère comme le myrte: le Qhawah.

    Mohammed but quelques gorgées et soudain, il sentit une ardeur envahir son corps. Instantanément la fatigue disparue et il son esprit reprit ses idées tel un ciel étoilé. Dynamisé par cette boisson, il affronta avec succès quarante guerriers.

    SOURCE : Histoire transmise par la tradition orale

  • KALDI ET LES BAIES CADEAU DIVIN

    Un berger du nom de Kaldi, qui accompagnait son troupeau pour brouter autour de la région de Moka, au Yémen, observa que ses chèvres s’agitaient étrangement, elles semblaient danser et cela, après avoir brouté certaines baies rouges d'un arbuste. Le berger, convaincu que ces baies étaient les filles du diable en apporta un peu aux moines d'un monastère voisin pour les jeter dans le feu purificateur. Le parfum qui s’en dégagea convainquit à l’instant du contraire et les moines furent certains qu’il s’agissait d’un don divin. Bientôt ils apprirent à torréfier ces fruits et à préparer des infusions, c’est ainsi que le café vu le jour.

    SOURCE: Histoire transmise par tradition orale

  • LE GARDIEN DE CHAMEAUX SALTERINI

    Antonio Fausto Nairone, professeur de théologie à la Sorbonne au début du XVIIIe siècle racontait en cours, l'histoire d'un gardien de chameaux qui se plaignait auprès des moines du monastère d’Ayman en Arabie Heureuse car ses animaux ne se reposaient pas et étaient agités et sautaient toute la nuit.

    Le Prieur du couvent pensa immédiatement que la raison était due à l'endroit où les animaux broutaient et il remarqua que les animaux commençaient à s’agiter seulement après avoir brouté des baies étranges de certains buissons. Ainsi, il décida de démontrer par lui-même les vertus de ces fruits, en les mangeant. Il constata, donc, l'effet stimulant de la boisson, et depuis ce jour, il ordonna aux moines de l’utiliser pour les stimuler lors des prières du soir.

    SOURCE: ANTONIO FAUSTO NAIRONUS, De saluberrima potione. Cahve, seu Cafe noncupata Discursus

  • DE L’ODISSÉE À LA BIBLE

    Le texte de l'Odyssée fait lui aussi référence au café. Certains spécialistes affirment que le café était une boisson amère, le népenthès, définie par Homer utile « contre les douleurs, les rancunes et la mémoire de la douleur », il est dit que Hélène en ajouta au vin pour sécher les larmes des invités à la table de Ménélas (1).

    Même la Bible fait référence au café : les grains de café seraient en fait le « pain de blé » offert par Abigail à David comme signe de réconciliation (cfr. 1 Sam 25, 18ss.) tout comme les « pierres (baies) précieuses » données par la reine de Saba à Samson (cfr. 1 Re 10, 2ss.) (2).

    Source 1 : P. DELLA VALLE, Voyages de Pietro Della Valle le pèlerin, décrits par lui-même en lettres familières à son ami l’érudit Mario Schipano et divisé en trois parties : la Turquie, la Perse et l'Inde, I, Brighton, G . Gancia, 1843, pp. 74 ss

    Source 2 : G. PASCHIUS, De novis inventis, quorum accuratiori cultui facem praetulit antiquitas, tractatus, secundum ductum disciplinarum, facultatum atque artium in gratiam..., Lipsiae, Joh. Grossi, 1700, p. 447.

  • L'EXIL DE SHEIK OMAR

    Beaucoup de légendes d'origine arabe considèrent un prêtre et médecin du nom de Sheik Omar le protagoniste. On dit que ce gourou et ses disciples furent exilés à la demande du prince du Yémen pour conduite immorale, dans la région du désert qui entourait Assab. Devant compenser la faim et ne trouvant rien à manger, ils durent se nourrir avec des baies de café sauvage en les faisant d’abord bouillir, pour ensuite boire l’infusion. Omar, en offrit également à certains de ses patients qui l'avaient suivi parce qu'il les soignait. De retour à Mocha ils parlèrent des propriétés magiques de guérison du café. La découverte, vint aux oreilles du prince du Yémen, qui but deux tasses de café, et à l’instant il décida de gracier Sheik Omar et le fit revenir à Moka en ordonnant la construction d’un couvent pour lui.

    Source: Giorgio Batini, 2003 Les racines des plantes. Herbes, fleurs, fruits, arbres dans le mythe et la légende.